Les Carreaux de Tunisie ou la sublime synthèse du patrimoine méditerranéen



Pour ceux qui ont déjà eu la chance de se promener en Tunisie, vous avez certainement dû remarquer la beauté des carreaux de céramique qui ornent maisons, palais, mosquées ou encore mausolées (zaouia). Cet art du revêtement de céramique y est couramment appelée Jelliz, déformation de l’arabe Zellige dont l’étymologie rejoint celle des Azulejos du Portugal et de l’Espagne. A travers ces carreaux aux couleurs éclatantes, c’est toute la richesse du patrimoine méditerranéen qui est évoqué, où les échanges et le brassage sont depuis des siècles sources de création.



Les origines du Jelliz en Tunisie 

Si la céramique en Tunisie trouve son origine dès l’Antiquité, l’art du Jelliz apparaît plutôt avec les conquêtes arabes à partir du VIIe siècle.  En 836, le mihrab de la grande mosquée de Kairouan est ainsi décoré de magnifiques carreaux  lustrés. La fabrication de la céramique en Tunisie  se poursuit aux siècles suivants mais c’est véritablement sous l’influence andalouse que dès le XIIIe siècle, le Jelliz va se développer en Tunisie, jusqu’à connaitre un réel essor. Aux XVe et XVIe siècles, l'arrivée des musulmans, juifs et morisques chassés d'Espagne par la Reconquista  provoque un considérable enrichissement des savoir-faire, notamment dans le domaine de l’artisanat. Les potiers andalous reprennent ainsi leur métier et transmettent leur art aux artisans locaux. On attribue notamment à Sidi Qacem El-Jellizi, maître céramiste exilé d'Espagne, l'introduction de nouvelles techniques espagnoles, comme la «cuerda seca» à la fin du XVe siècle. La zaouïa de cet homme pieux et vénéré, considéré comme le «saint-patron» des céramistes de Tunisie, est  aujourd'hui le musée de la Céramique de Tunis

Cet apport andalou va ainsi être décisif dans le développement des fameux ateliers de Qallaline dans la régence de Tunis




Les ateliers de Qallaline

Pluriel de "qallal", le mot Qallaline évoque à la fois le corps de métier des potiers et le quartier où étaient installés leurs ateliers à Tunis. Héritière d’une grande tradition hispano-mauresque pour les couleurs, les motifs et les techniques, la céramique de Qallaline va aussi être largement influencée par la production ottomane et notamment la céramique d’Iznik.

Les ateliers tunisois vont ainsi développer un savoir-faire typique, à la rencontre des styles hispano-mauresque et turco-persan, mais aussi italiens.  Ils vont en effet progressivement effectuer une synthèse des motifs et savoir-faire qui ont en réalité sans cesse circulé d'une rive à l'autre de la Méditerranée, de l'Orient à l'Occident et de l'Antiquité aux temps modernes.

Très présente dans les ateliers de Qallaline, la céramique de revêtement mural est de deux types : des carreaux au décor répétitif, floral ou géométrique, et des panneaux figurant le plus souvent un mihrâb et des éléments floraux, encadrés dans une architecture à coupole et colonnes.
Le Jelliz va ainsi progressivement tapisser les palais et mausolées, mais aussi les habitations bourgeoises des grands centres urbains.
Réputés au-delà des frontières, les ateliers tunisois de Qallaline exporteront vers l’Égypte, l’Algérie ou encore la Libye. Ils détiendront ainsi jusqu’au XIXe siècle la première place dans la fabrication de la céramique à émaux. En dépit de ce prestige, Qallaline ne pourra résister à la forte concurrence européenne, ce qui entraînera la fermeture des ateliers à la fin du XIXe. 



L’héritage de Qallaline

Si les ateliers de Qallaline n’existent plus aujourd’hui, leur influence reste encore très présente dans l’art du Jelliz et plus généralement de la céramique en Tunisie. De nombreux céramistes tunisiens continuent d’explorer les techniques et motifs développés dans ces ateliers qui ont su sublimer la richesse du patrimoine méditerranéen.
C’est le cas des artisans céramistes avec lesquels nous collaborons pour faire (re)découvrir la beauté des carreaux tunisiens. Ils effectuent en effet un travail continu de recherche pour enrichir leur répertoire de motifs ainsi que leur savoir-faire. Dans la tradition du Jelliz tunisien, les carreaux sont peints à la main, ce qui laisse une grande liberté de création. Les différentes techniques utilisées donnent la possibilité de décorer aussi bien les murs que les sols
C’est ainsi cet héritage et ce savoir-faire uniques qui nous permettent de proposer des carreaux sur-mesure, avec lesquels vous pourrez réaliser tous vos projets de décoration et d’aménagement.
Pour découvrir un aperçu de modèles de carreaux tunisiens, c'est par ici !




Au plaisir de vous retrouver chez Samak,

Lucie & Wahid

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